[ PORTRAIT ] Gérald Naro

11 18, 25

Le Cesegh tire le portrait à l’un des personnages principaux de l’association : Gérald Naro.

Depuis la rentrée universitaire 2025, Gérald Naro est professeur émérite en sciences de gestion à l’Institut Montpellier Management de l’Université de Montpellier.

Diplômé d’une maîtrise en sciences économiques, d’un Diplôme d’Études Approfondies et d’un Doctorat en Sciences de Gestion (1989), il est reçu en 1987 au concours d’agrégation d’économie et gestion, puis, en 1999, est admis au concours d’agrégation des universités en sciences de gestion.

En 1989, il entame sa carrière universitaire à l’Université Montpellier 1, en qualité de Maître de Conférences à l’Institut des Sciences de l’Entreprise et du Management. Durant dix ans, il enseigne la comptabilité, le contrôle de gestion et l’analyse des organisations, tout en assurant la responsabilité pédagogique de plusieurs diplômes. Ses travaux de recherche portent notamment sur les dimensions humaines, organisationnelles et stratégiques du contrôle de gestion.

Reçu à l’agrégation des universités en sciences de gestion en 1999, il est nommé Professeur des universités à l’IUT de Montpellier, où il assure durant deux ans les fonctions de chef de département sur le site de Béziers.

En 2003, il réintègre l’Institut Supérieur de l’Entreprise et du Management qui, en 2017, fusionne avec la Faculté d’Administration Économique et Sociale pour devenir l’Institut Montpellier Management (MOMA).
De 2013 à 2019, il occupe les fonctions de directeur du laboratoire Montpellier Recherche en Management (MRM). De 2016 à 2020, il assure un mandat de Président du Jury d’agrégation externe d’économie et gestion. En parallèle, avec deux collègues de MRM, il est co-responsable de la chaire du LabEx Entreprendre « Management et Entrepreneuriat Responsables ».
Durant ces années, il dirige plusieurs diplômes de master (management stratégique de la production, contrôle de gestion, management stratégique des organisations de santé). En 2019, avec Yannick Gomez de l’Institut de l’Économie Circulaire et des Énergies bas carbone du CEA Marcoule, il crée le master Management de la Transition Écologique et de l’Économie Circulaire (MTEEC), dont il assure la responsabilité pédagogique durant cinq ans. En 2023, avec Claire Gillet-Monjarret et Yannick Gomez, il participe à la création d’un Executive MBA en Management de l’Économie Circulaire et des Transitions Écologiques et Énergétiques (ECTEE), puis, avec Claire Gillet-Monjarret et Angélique Rodhain, il crée la chaire ECOCIRCULAB en partenariat avec plusieurs entreprises et organismes publics et privés.

Si ses enseignements et ses recherches se positionnent principalement dans le champ du contrôle de gestion, ils connaissent une évolution sensible sous l’influence de ses travaux, d’abord vers l’étude du pilotage des performances des organisations publiques (hôpitaux et universités), puis progressivement vers la responsabilité sociale des organisations et, plus récemment, la transition écologique et l’économie circulaire.
Après avoir conduit des travaux — mobilisant notamment les méthodologies de la recherche intervention — sur les systèmes de pilotage stratégique en entreprises privées ou publiques, il oriente progressivement ses recherches sur les systèmes de pilotage et les canevas de modèles d’affaires fondés sur une perspective de responsabilité sociale et de soutenabilité forte.
En parallèle, il mène une réflexion critique sur le rôle de la comptabilité dans la démocratie, face à l’influence grandissante d’actants non humains tels que la nature ou l’intelligence artificielle. Ses questionnements scientifiques s’ancrent aujourd’hui dans les problématiques de reporting et de pilotage des performances dans le contexte d’organisations dont la stratégie, la raison d’être et les valeurs visent une contribution au bien commun. Cela va de pair avec un contrôle de gestion dialogique, ouvert, responsable et capacitant dans une perspective post-New Public Management et de soutenabilité forte.
Autrement dit, il s’agit pour lui d’inscrire le contrôle de gestion dans une pensée renouvelée du management, de l’entreprise, du système économique et de notre vision de la société, notamment dans son rapport à la nature. C’est dans ce cadre qu’il interroge les liens entre la comptabilité, plus généralement les systèmes de quantification, et la démocratie : comment compter, rendre (des) comptes et faire que compte… ce qui compte vraiment.

Dans cette évolution, sa collaboration avec le CESEGH s’est avérée d’une grande influence.

Cette collaboration débute vers le milieu des années 2000, lorsqu’il succède au Professeur Guy Delande à la direction du master gestion des établissements de santé. Ce diplôme deviendra plus tard le master actuel Management Stratégique des Organisations de Santé (MSOS). En prenant sa suite, la Professeure Irène Georgescu, dont les recherches dans le champ du management des organisations de santé font autorité, donne à la formation une impulsion considérable pour en faire aujourd’hui un cursus de premier plan.
Durant ces années, il assure également la responsabilité de plusieurs diplômes d’université : le DU Management des laboratoires de radiologie et d’imagerie médicale, avec son fondateur, le Docteur Amid Benghana ; le DU Management du Développement Durable en Santé, avec Olivier Toma, fondateur et directeur de l’agence Primum Non Nocere, à l’origine de la création du diplôme.
Ces collaborations entre universitaires et praticiens témoignent de l’esprit et des valeurs qui animent le CESEGH et Montpellier Management, réunis dans une même volonté de concevoir des ingénieries pédagogiques adaptées aux besoins d’une profession, conjuguant savoirs et rigueur académiques avec l’expertise et le professionnalisme d’acteurs de terrain, riches de leur pratique et de leurs innovations.

Considérant que les problématiques de responsabilité sociale sont ancrées dans l’ADN des organisations du secteur sanitaire et médico-social, Gérald Naro a toujours plaidé en faveur d’un management et d’un contrôle de gestion spécifiques à ces organisations. Ce positionnement a fortement influencé ses enseignements dans les différents diplômes du CESEGH.
Fortement inspiré par la conviction de Cynthia Fleury selon laquelle « le soin est un humanisme », il s’efforce de transmettre à ses élèves, futurs cadres de cliniques, d’hôpitaux ou d’EHPAD, l’importance de se départir d’un management technocratique, réifiant et inhumain, pour concevoir une pratique responsable du management.
Comme il existe une éthique médicale, il lui semble impératif de se doter d’une éthique managériale, particulièrement dans les organisations de santé : science sans conscience n’est que ruine de l’âme, écrivait au XVIᵉ siècle un ancien élève de la prestigieuse école de médecine de Montpellier. Ces mots prennent un sens particulier lorsqu’il s’agit de sciences de gestion appliquées à des établissements de soins, où la quête d’efficience, sans conscience, risque d’aboutir à une perte de sens et à une atteinte à ce qui fonde notre humanité.

Aujourd’hui, désormais retraité et professeur émérite, Gérald Naro partage son temps entre l’approfondissement de ses recherches, leur transmission sous forme de conférences ou de séminaires, et une activité associative dans le secteur social.
Mais surtout, il a à cœur — juste retour à une structure qui fut pour lui une source inépuisable d’expériences et de rencontres enrichissantes — de partager ses connaissances et de contribuer au développement du CESEGH : au sein de son Conseil d’Administration, où il exerce les fonctions de secrétaire général, et aux côtés de Nancy Cavalier, sa directrice, ainsi que de toute l’équipe, avec qui il partage près d’une vingtaine d’années d’une collaboration aussi « agréable que riche et fructueuse ».

VOUS AIMEREZ AUSSI